Province de Hubei en Chine : Immersion au cœur d’un bastion agricole

Les experts agricoles burkinabè en séjour en Chine ont effectué une immersion professionnelle dans  la province de Hubei, les 5 et 6 septembre 2018. Au pas de charge, ils ont visité  des instituts de recherches rattachés à l’académie des sciences agricoles de Hubei. Dans la ville de Xiantao, une compagnie de fabrication d’équipements agricoles, une coopérative d’utilisation de matériel agricole,  une entreprise de production semencière et d’autres installations ont ouvert leurs portes aux hôtes burkinabè.

La province de Hubei est traversée par le fleuve Yangtsé. Parcourant   6 380 km, il est le  plus long  d’Asie et le troisième au monde après l’Amazone et le Nil. Sur ce cours d’eau et notamment à Hubei, se localise le  barrage des Trois Gorges, avec un réservoir de 1084 km2 et un débit de 14 300 m3.

Les fonctionnaires agricoles du Burkina Faso ont découvert les potentialités et les infrastructures   agricoles de cette province aux  grands atouts hydrauliques, les 05 et 06 septembre 2018. A l’Académie des sciences agricoles de Hubei, Qiu Zhengming a accueilli les amis burkinabè dans son institut spécialisé dans la recherche sur les semences des fruits et légumes. Le spécialiste chinois et son équipe   mettent  au point des semences à haut rendement, tout en réduisant   leurs besoins en engrais. M. Zhengming s’est dit ouvert à la coopération avec des chercheurs burkinabè.

Les experts burkinabè ont également échangé avec le patron du centre de recherche sur les semences de céréales, You Aiqing. A la tête de 100 chercheurs, il coordonne les travaux de production de semences de riz, de blé et de maïs. Les rendements des   variétés de riz développées dans cet institut varient entre 8 et 10 tonnes à l’hectare. Le cycle de production moyen est de 90 jours. Le centre de recherche reçoit et forme  annuellement 200 stagiaires étrangers environ.

A Hubei, l’équipe des fonctionnaires agricoles burkinabè s’est imprégnée du dispositif de contrôle de la qualité des intrants, déployé par le Centre de surveillance de la qualité et de la sécurité des produits agricoles.  Au  laboratoire d’inspection des semences et des engrais, il est possible d’opérer des tests de contrôle  sur plusieurs catégories de produits. 10 000 variétés de semences y sont inspectées  par an. En outre, le centre dispose d’un laboratoire d’analyse  des sols. Il procède également au contrôle de la qualité des aliments. Onze  experts en assurent l’animation quotidienne.

La mécanisation agricole constitue l’un des centres d’intérêt de la délégation des experts agricoles burkinabè. Dans la ville de Xiantao, elle a apprécié la diversité des équipements agricoles fabriqués  par  la compagnie Tianmen Xianliang Machinery. Elle propose une gamme de machines composées de séchoirs, de décortiqueuses, des pièces à moulins, etc. Le chef de la mission burkinabè, Alassane Guiré, a émis le vœu  de fournir des décortiqueuses aux coopératives de production de riz de bas-fonds au Burkina Faso. En quête de solutions pour dynamiser la mécanisation de l’agriculture domestique,   il a également conduit ses collaborateurs au sein de la coopérative d’utilisation de matériels agricoles, Shuguang (lumière en chinois). Ce groupement  met à la disposition de ses membres des tracteurs, des repiqueuses de riz, des moissonneuses-batteuses, etc. Ses drones de lutte contre les ravageurs et les fléaux des cultures ont séduit les experts agricoles burkinabè.

A la recherche de pistes d’amélioration des variétés de semences nationales, les fonctionnaires agricoles burkinabè ont marqué une halte à la base de Zongken Jinxiuhuanong Technologie. Cette entreprise semencière se veut leader dans son secteur. Ses plateformes de sélection, de pesage et de paquetage associées à son laboratoire de contrôle de la qualité et à ses parcelles de production de semences constituent les facteurs de sa performance. Son manager, Yin Xinming,  a confié à ses visiteurs que les variétés de riz  produites par sa société peuvent fournir un rendement de 12 tonnes par hectare, sur un cycle avoisinant une centaine de jours.

Dans la ville de Xiantao, l’équipe du secrétaire général Guiré a pu apprécier le système de  gestion intégrée des terres agricoles irriguées à partir d’un hub hydraulique. La station compte quatre pompes automatisées d’un débit unitaire de 22 m3  d’eau par seconde. Les producteurs bénéficient  des eaux mobilisées grâce à ce projet étatique, sans débourser de frais.

La subvention publique couvre aussi le domaine de la formation professionnelle des agriculteurs chinois. A Xiantao, un centre outille les paysans non seulement aux techniques de productions végétales, animales et aquacoles, mais également au commerce en ligne des fruits de leur labeur. Selon les premiers responsables de cet institut, il s’agit d’aider les exploitants agricoles à accroître et à améliorer la qualité de  leurs productions, puis  à les commercialiser avec succès.

Au regard de l’importance de la formation professionnelle dans le développement agricole, les experts burkinabè, de retour à Hubei, ont échangé avec les dirigeants de  l’une des plus grandes universités agricoles de la Chine, Huazhong Agricultural University. Ces universitaires chinois  sont disposés à compter parmi les 700 pensionnaires de cet   établissement de  référence  des étudiants burkinabè aussi bien en sciences agricoles que dans d’autres disciplines.

Au terme de son immersion professionnelle au cœur de ce bastion agricole, la délégation  burkinabè a rendu compte des différentes étapes de son périple au gouverneur de Hubei.  Wang Xiadong a réitéré la volonté du président Xi Jinping de  développer avec le Burkina Faso une coopération exemplaire, surtout en matière agricole.

Roger SANKARA

DCPM ministère de l’agriculture

L’Afrique dépense 7 milliards de dollars par an pour ses importations de riz

L’Afrique dépense plus de sept milliards de dollars par an pour ses importations de riz, indispensables pour sa sécurité alimentaire, alors que le continent est doté d’un grand potentiel de production, ont déploré mercredi des experts à Abidjan.

« Malgré une hausse de la production rizicole, l’Afrique importe chaque année près de 24 millions de tonnes (…) d’un coût de sept milliards de dollars » (6 milliards d’euros), a annoncé le Sierra-Léonais Harold Roy-Macauley, directeur général d’Africa-Rice, une organisation intergouvernementale regroupant 26 pays d’Afrique de l’Ouest, du centre et de l’Est.

« L’Égypte est le seul pays d’Afrique qui est autosuffisant. La Côte d’Ivoire l’est à 50%, Madagascar entre 70 et 75% », a poursuivi Harold Roy-Macauley, soulignant que l’Afrique est « dotée d’un grand potentiel de production ».

Rendre les paysans « bankables »

Pour combler le déficit de cette céréale, aliment de base dans de nombreux pays africains, Africa-Rice veut faciliter l’accès au marché et aux crédits bancaires pour les petits exploitants.

« Il faut rendre les paysans « bankables » (rentables). Ici les paysans n’ont pas accès aux financements, or il faut que les gens soient indépendants pour travailler avec le secteur privé. Il faut rendre les paysans hommes d’affaires et les rendre crédibles auprès des banques », a plaidé Harold Roy-Macauley.
« 70% des pauvres vivent en zone rurale. Et vu les croissances démographiques attendues d?ici 2030, la productivité agricole devra doubler. Et elle devra encore doubler entre 2030 et 2050 », a affirmé de son côté Patrick Houben, responsable Développement rural et Ressources naturelles au sein de la délégation de l’Union Européenne en Côte d’Ivoire, qui soutient financièrement Africa-Rice depuis des années.

« L’agriculture en Afrique subsaharienne en particulier demeure un moteur de croissance économique des plus importants, et les objectifs de développement durable concernant la pauvreté et la faim passeront par l’augmentation de la productivité de travail des petits exploitants agricoles », a affirmé M. Houben.

Selon lui, « 230 millions d’euros ont été engagés depuis 2017 par l’UE dans des programmes de recherches agricoles dont fait partie Africa-Rice ».

Créé en 1971, Africa-Rice vise à stimuler la filière riz, à travers la recherche et la création de nouvelles variétés. Plus de 200 variétés de riz améliorées ont été homologuées ces 25 dernières années dont la plus connue est le NERICA (le nouveau riz pour l’Afrique).

Le NERICA, qui couvre 1,7 million d’hectares, a permis de sortir 8 millions de personnes de la pauvreté dans 16 pays africains, selon Africa-Rice.

Jeune Afrique

Filière riz : Insuffler un nouveau dynamisme

  • Les ambitions du CIR-B
  • Objectif : augmenter la consommation locale de 20%
  • La réduction de l’importation en ligne de mire

Pour mieux booster durablement la filière riz au Burkina Faso, le Comité interprofessionnel du riz du Burkina (CIR- B), regroupant les acteurs que sont les producteurs de riz, les étuveuses, les transformateurs, industriels et semi-industriels, les commerçants et les transporteurs, s’est doté d’un plan d’actions (2017- 2021).

Ce plan jugé «volontariste et ambitieux» a été adopté à l’occasion d’un atelier tenu les 29 et 30 juin 2017 à Ouagadougou. Il ressort de ce plan conduit par le consultant indépendant Jérôme Leama que les acteurs nourrissent de grandes ambitions pour la filière riz. Ils souhaitent d’ici à la fin 2021 augmenter de 2% à 20% la proportion de riz du Burkina dans les habitudes de consommation, accroitre de 80% la couverture des besoins du pays en riz, augmenter le nombre de points de vente de riz du Burkina, augmenter le nombre d’adhérents au CIR-B.

Ces acteurs voudraient que, d’ici à la fin 2021, les rendements pour les variétés promues par le CIR-B puissent atteindre 50%, et qu’à la même date l’entretien du matériel et de l’équipement des unités de transformation soit amélioré grâce à la mise en place d’un réseau de techniciens qualifiés à la maintenance.

Le plan d’actions devra faire en sorte que d’ici à la fin 2021, le renforcement des capacités au sein du CIR-B soit assuré à tous les niveaux à travers des formations thématiques (alphabétisation, gestion, leadership, techniques de production, agriculture contractuelle, entrepreneuriat agricole, marketing, système de gestion d’informations, changements climatiques, etc.). Et afin, d’ici à la fin 2021, le CIR- B veut voir son budget de fonctionnement augmenter substantiellement par le biais des contributions de ses membres. Pour réussir tout cela, les membres du CIR- B envisagent de délocaliser le siège de Bobo-Dioulasso à Ouagadougou, pour des questions pratiques.

 

Le riz local à sa place !

Mais avant l’adoption du nouveau plan, les participants ont pris connaissance de celui de 2013- 2016. Selon Jérôme Leama, à la date du 31 décembre 2016, 80% des activités ont été réalisées.
Au titre des acquis, il y a essentiellement la prise en compte du riz du Burkina dans les achats institutionnels de la SONAGESS et principalement l’élargissement de ces achats au riz étuvé, la régularité des achats du paddy et du riz décortiqué au prix plancher, le maintien du système de marchés gré à gré.

Pour cette catégorie d’acteurs, il y a eu leur accès aux crédits via le nantissement des conventions/marchés de livraison de riz, l’implication systématique de l’interprofession dans les prises de décisions concernant les appels d’offre pour l’achat de riz. Le dernier acquis en date est l’amélioration du prix d’achat du riz paddy (de 140 F CFA à 150 F CFA) et du riz décortiqué blanc et étuvé (de 320 à 330 FCFA).

Les acteurs de la filière se félicitent du fait que de nos jours le riz local soit de plus en plus prisé par les consommateurs urbains. La prise en compte de cette demande offre des marges de progrès réels au riz du Burkina par rapport à un riz importé ; jugé très souvent bas prix ; mais, dans la plupart des cas, de mauvaise qualité.

Rachel DABIRE

 

La filière riz en quelques chiffres

Des dizaines de milliards de FCFA injectés dans l’importation

«La contribution de la filière à la croissance économique du pays reste encore très faible. La valeur ajoutée de la filière riz local est estimée à 8 milliards de FCFA, soit 0,31% du PIB, dont 6 milliards de FCFA environ proviennent de la production. Quant aux revenus tirés de la riziculture par les producteurs, ils demeurent modestes. En effet, le nombre de personnes vivant des activités rizicoles est estimé à 5. 412. 308, pour un revenu brut d’environ 5 milliards de F CFA par an ; soit un revenu net de 16. 616 F CFA/personne.

Les importations, quant à elles, ont représenté en moyenne une facture de 41,6 milliards de FCFA par an entre 2005 et 2013 (INSD, 2013). À ce rythme d’accroissement de la demande, les sorties de devises à l’horizon 2015 seraient de l’ordre de 70 milliards de F CFA (DGPER, 2009) contre 61,9 milliards de FCFA en 2013. Les importations de riz ont augmenté de 44% entre 2006 et 2013, passant de 305.180 tonnes à 440.364 tonnes, pour des valeurs respectives de 37,8 milliards à plus de 61,9 milliards de FCFA. Les quantités importées ont décollé depuis 2010, passant du simple au double (en valeur). La demande en riz continue d’augmenter fortement au Burkina Faso, allant de pair avec l’urbanisation et le changement des habitudes alimentaires. La production nationale n’est toujours pas en mesure de satisfaire cette demande croissante, en dépit d’une hausse significative depuis 2010».

Source : Dossier de presse

Burkina Faso: faute de valorisation, les produits agricoles se perdent

Les produits agricoles du Burkina n’ont toujours pas la cote, malgré les mesures gouvernementales pour encourager leur consommation. Le comité interprofessionnel du riz du Burkina (CIR-B) appelle les Burkinabè à un sursaut patriotique pour concrétiser le « consommer Burkinabè ».

Des résultats de recherche montrent les avantages comparatifs du riz du Burkina tant sur le plan de la sécurité sanitaire que sur celui des critères de qualité. Cependant force est de constater que plus de la moitié des besoins nationaux en riz sont couverts par les importations, qui ont culminé à 440 000 tonnes en 2013 avant de retomber à 379 592 tonnes en 2015.

Selon Boukari Bikienga, secrétaire exécutif du Comité interprofessionnel du riz du Burkina (CIR-B), les produits agricoles du Faso qui entrent dans le circuit du marché ne représentent que 45% en moyenne. Cela est très faible par rapport à la quantité commercialisée.

« La production de riz paddy a explosé entre 2008 et 2015, passant de 195 000 tonnes à 347 500 tonnes »,a-t-il confié.

Aussi- a-t-il soutenu que dans le même temps, l’augmentation de la consommation de riz s’est faite de manière exponentielle, atteignant actuellement plus de 600 000 tonnes avec un accroissement annuel de 5,6%.

Malheureusement, selon lui ces produits restent toujours mal connus par le citoyen burkinabè qui préfère toujours les produits importés à ceux produits sur place.

Par ailleurs, pour sauver la production agricole burkinabè, le président de la structure faîtière a invité les autorités à faciliter la mise en œuvre de la circulaire du Premier ministre portant achats des produits alimentaires locaux par les structures étatiques dans le cadre de leur approvisionnement.

Promotion des produits agricoles : les acteurs décortiquent la qualité du riz local

Le Comité interprofessionnel du riz du Burkina (CIR-B) a tenu, le mercredi 22 février 2017 à Ouagadougou, une conférence de presse pour mieux faire connaître les produits de la filière riz et partager les résultats de recherches sur les différents atouts. 

Les acteurs des différents maillons de la filière riz  ont convié la presse, le mercredi 22 février 2017 à Ouagadougou, pour solliciter son accompagnement, afin qu’elle contribue à lever les freins à la consommation du riz produit au Burkina Faso. Le riz, bien qu’il occupe la 4e  place après le sorgho, le maïs et le mil, sa part contributive dans l’offre nationale croît d’année en année, mais reste tout de même inférieure à celle importée, a noté le président du Comité interprofessionnel du riz du Burkina (CIR-B), Lancina Berthé. «Cette part contributive est passée de 223 mille tonnes en 2013 à 227 mille en 2015, pour un besoin national de 607 mille tonnes pour la même année», a-t-il confié. C’est la raison pour laquelle  depuis 2015,  sa structure a entrepris un programme de plaidoyer pour défendre les intérêts de cette spéculation.

Qu’est-ce que le CIR-B fait concrètement pour éviter que le riz importé n’envahisse pas nos marchés ? Les autorités burkinabè consomment-elles  ce riz national ? Le Burkina Faso dispose-t-il des unités adéquates pour produire le riz local, du moment que certains consommateurs se plaignent de la qualité du riz de Bagré ? A toutes ces préoccupations des journalistes, les conférenciers ont justifié que le Comité ne peut pas éviter l’importation du riz, du fait que la production nationale ne couvre pas les besoins des populations. Selon eux, c’est au consommateur de prendre conscience et de faire le bon choix du produit qu’il achète. Par rapport à  la circulaire du chef du gouvernement, Paul Kaba Thiéba portant achat des produits alimentaires locaux par les structures étatiques dans le cadre de leur approvisionnement, ils ont avoué que la ‘’mayonnaise’’ est en train de prendre dans certains ministères qui intègrent ces produits dans leur pause-café et déjeuner lors des cérémonies.

En ce qui concerne la dernière inquiétude, les conférenciers ont affirmé que la norme au Burkina Faso décline la qualité à trois niveaux, à savoir, le 1er choix, le 2e  et le 3e  choix qui est destiné à la grande consommation.

 

Le prix dépend de la qualité du riz

Pour eux, chaque acheteur, en fonction de son pouvoir d’achat, va vers le riz de son choix, mais il faut qu’il tienne également compte de la qualité, dont les prix ne peuvent pas s’égaler. Les conférenciers ont tout de même soutenu que le riz de Bagré est de bonne qualité.  «Le riz du Burkina est meilleur au riz importé. C’est un riz frais qui n’a généralement pas plus de 2 ans, contrairement au riz importé qui a 10 ans et plus», ont-ils commenté. Quant à la rumeur sur la production du riz en plastique, le secrétaire exécutif du CIR-B, Boukary Bikienga a clarifié qu’à ce jour, aucune information ne leur est parvenue sur l’importation de cette céréale au Burkina Faso, qui, du reste, nuira à la santé des consommateurs, si toutefois elle était fondée. «Les autorités doivent être très regardantes sur les critères de riz qui franchissent nos frontières et aux consommateurs, d’être encore plus vigilants  sur la qualité», a-t-il prévenu.

Par ailleurs, bien que le riz national soit meilleur au riz importé, des défis restent à relever, d’une part, au niveau de la commercialisation, car les commerçants relèvent une faible disponibilité de ce produit sur le marché et l’insuffisance de marketing. D’autre part, le CIR-B fait de telle sorte que tous les acteurs qui interviennent dans la filière riz puissent intégrer les structures de production, de commercialisation et de transformation, de respecter la discipline, afin que les produits proposés aux consommateurs soient de bonne qualité. Il y a également un potentiel de production qui n’est pas encore exploitée et le cri du cœur des acteurs, c’est que l’Etat leur apporte son soutien pour qu’ils puissent aménager ces superficies, pour une haute production pouvant répondre aux attentes des populations.

Afsétou SAWADOGO

7e conférence des acteurs de la filière riz : Un cadre de partage d’expériences en matière de promotion de la filière en Afrique

Une importante rencontre des acteurs de la filière riz s’est ouverte le mercredi 9 novembre 2016, à Ouagadougou sous la présidence du représentant du ministre de l’agriculture et des aménagements hydrauliques, Moussa Maïga.

Ce cadre de concertation international a été initié par le programme développement de l’agriculture de la Coopération technique Allemande (GIZ), dans le sillage du projet Competitive african rice initiative (CARI). Un projet financé par le ministère fédéral allemand de la coopération économique et du développement et la Fondation Bill et Melinda Gates. Sa finalité est d’améliorer de façon significative les moyens de subsistance des petits exploitants agricoles au Ghana, Nigéria, Tanzanie et au Burkina Faso. Pour ce dernier pays, quatre promoteurs, à savoir, la rizerie Wend Yam de Bobo, l’Union nationale des étuveuses de riz du Burkina, la rizerie Faso malo de Bama et la rizerie Wend Konta de Bagré ont effectivement été retenus comme bénéficiaires du projet. Et chacun de ces promoteurs est porteur d’un « Matching Project », subventionné à 40%, et la contrepartie de 60% financée par chaque promoteur.

La rencontre d’échanges de Ouagadougou se veut être un cadre de partage d’expériences en matière de promotion de la filière riz en Afrique. C’est également le lieu de faire le bilan à mi-parcours de la mise en œuvre du projet CARI. Etaient présents, des représentants de la Fondation Bill et Melinda Gates, de la coopération Allemande et de la Fondation John A. Kufuor, venus des Etats-Unis, d’Allemagne, des Pays-Bas, de Tanzanie, du Niger, du Sénégal, du Ghana et du Burkina Faso.

Au Burkina Faso, parmi les céréales cultivées, le riz occupe la 4ème place, a relevé le représentant du ministre de l’agriculture et des aménagements hydrauliques, Moussa Maïga. La valeur ajoutée du riz est estimée à 8 milliards de F CFA avec une production nationale de riz paddy de plus de 325 tonnes. Malgré cette hausse récente de la production, les importations de riz ont connu une augmentation dont le montant a excédé 38 milliards de F CFA depuis 2011, a-t-il soutenu. La production nationale ne couvre que seulement 37% des besoins de consommation. Paradoxalement, le pays dispose du potentiel aménageable en bas-fonds et en périmètre irrigués estimés respectivement à 233 500 et 500 000 hectares pour la production rizicole. C’est au regard de cette situation que le Programme développement de l’agriculture a décidé depuis 2010, d’accompagner et de promouvoir la filière riz.

Et l’occasion de cette conférence internationale des acteurs de la filière riz a été saisie, dira M. Maïga, pour saluer non seulement l’approche de la GIZ basée sur la promotion du secteur privé et de l’entreprenariat. Aussi, il a exhorté les participants à engager des échanges constructifs dans une perspective de consolidation et de durabilité des actions entreprises. Par ailleurs, Moussa Maïga a exprimé la volonté du gouvernement à accompagner et poursuivre cette initiative, cela en collaboration avec tous les acteurs et intervenants nationaux et internationaux. Avant d’annoncer la fin du projet prévue pour décembre 2017.

« Nous avons déjà négocié une petite extension de la phase I, jusqu’au maximum 2018. Donc, on ne va pas vous quitter tout de suite », a rétorqué un des partenaires financiers. Par ailleurs, une deuxième phase du projet est en préparation. Et M. Maïga de préciser : « Il s’agit pour nous de saisir cette occasion pour renouveler notre intérêt à pouvoir bénéficier de la deuxième phase du projet CARI au regard de son impact sur la filière riz au Burkina ».

Le riz est considéré comme créateur de chaine de valeur. A ce titre, il devrait être présenté à la semaine verte à Berlin afin de mieux exposer à l’opinion publique allemande les efforts qui sont faits dans la filière et les succès obtenus, a déclaré le représentant de la République fédérale d’Allemagne, Joerg Meyer.

En rappel, le rêve de CARI est d’impacter 122 000 producteurs à l’horizon 2017. Pour le Burkina Faso, il vise à améliorer la base alimentaire et les revenus de 12 000 producteurs de riz dont 30% de femmes, et les intégrer dans des modèles d’affaires durables et compétitifs qui conduisent à une augmentation de la production et une amélioration de la qualité du paddy.

Aïssata Laure G. Sidibé

Filière Riz au Burkina : La plateforme SIMAgri pour intensifier les échanges commerciaux

Les acteurs de la filière Riz ont officiellement lancé le 4 novembre 2015, le projet ‘’Intensification des échanges commerciaux dans les chaines de valeur riz du Burkina par l’utilisation de la plateforme SIMAgri’’. Le Système d’information du marché agricole SIMAgri (SIMAgri) est un outil qui permettra à toute la chaine de la filière d’évoluer désormais en réseau en partageant des informations sur les offres et les demandes du produit et des services dans le domaine. Une convention a été signée entre l’ONG Afrique Verte et l’interprofessionnel riz.

L’information a un pouvoir et les acteurs de la filière riz au Burkina en sont conscients. Surtout qu’après plusieurs études diagnostiques réalisées par les structures paysannes, il ressort de façon récurrente des faiblesses dans la filière, liées notamment au dispositif de distribution du riz, de l’accès à l’information et la connaissance des marchés, des capacités d’achat et de stockage, du niveau de contractualisation entre les acteurs. Pourtant, la production nationale du riz connait une hausse continuelle. 19 5102 t en 2008, contre 305 382t en 2014.

Le Comité interprofessionnel de riz du Burkina (CIRB) en partenariat avec des structures techniques de la filière riz, a alors initié le projet ‘’Intensification des échanges commerciaux dans les chaînes de valeur riz du Burkina par l’utilisation de la plateforme SIMAgri’’. Ladite plateforme, bouffée d’oxygène des acteurs, apporte des solutions pour mieux vendre et mieux acheter. Précisément, elle permet d’accéder aux informations portant sur les offres, les demandes, les vendeurs et les acheteurs, les produits, les prix, les disponibilités de stocks, les lieux d’entreposage, les délais de livraison, entre autres.

 

Améliorer les revenus des petits exploitants

Le projet a également pour visée d’intensifier les échanges commerciaux pour un approvisionnement durable assuré par le secteur privé permettant l’inclusion des petits exploitants agricoles dans les marchés modernes et l’amélioration de leurs revenus.

C’est un projet d’une année qui coutera 15 millions de FCFA, mais sa pérennité sera assurée, a assuré Boukary Bikienga. Secrétaire exécutif du comité interprofessionnel du riz du Burkina, il précise que la plateforme SIMAgri permettra aux acteurs économiques de la filière (producteurs, étuveuses et transformateurs de riz blanc, commerçants et distributeurs) d’accéder à l’information pertinente, de saisir les meilleures opportunités d’affaires pour développer les échanges commerciaux et améliorer la compétitivité de leurs entreprises. « C’est essentiel parce que les acteurs sont isolés dans les provinces et les régions. Grâce à cette plateforme, on aura accès à l’information du marché, pouvoir présenter les produits et répondre aux demandes exprimées », a-t-il ajouté, avant de préciser que la plateforme est simple et pratique à utiliser, même à partir des téléphones portables.

Les propos de Boukary Bikienga sont corroborés par Berté Lansina, riziculteur dans la vallée du Kou et président de l’interprofession riz du Burkina. « Cette plateforme va beaucoup nous apporter en terme d’informations. Au Burkina, il y a beaucoup d’acteurs dans la filière riz, mais les gens travaillent de façon isolée. Désormais que l’on soit à Dori, Bobo, ou Fada, avec ce système on aura désormais des informations des uns et des autres. Ces informations, nous allons les partager entre nous et cela nous permettra de nous faire connaitre au niveau national et hors du Burkina ».

Les acteurs de la filière, les producteurs, les transformateurs de riz blanc, les étuveuses, les commerçants, les transporteurs et distributeurs, les partenaires et les structures de l’Etat, étaient tous réunis à l’occasion de l’atelier de lancement du projet. Pour sa mise en œuvre efficace, le Comité interprofessionnel de Riz du Burkina a signé avec Afrique Verte Burkina un protocole de collaboration.

Tiga Cheick Sawadogo